LES TEXTES DES CHANSONS
LE PRINCE
(paroles et musique de Jean-Paul Sermonte)
Quand j’étais une enfant
Moi mon prince charmant
Avait des cheveux blancs
Et de blanches moustaches
Sa voix que j’aimais tant
Chantait, chantait tout l’temps
Des jolis mots d’antan
Qui aux not’s s’amourachent
Il avait une guitare
Et il jouait comme ça :
Boum ba boum ba boum
Cet homme qui était-il
De quel astre venait-il
Jamais verbe si subtil
Fut l’amie d’un(e)guitare
Un p’tit air polisson
Frondeur et sans façon
Il offrait ses chansons
Ses rim’s précieus’s et rares
Il avait une guitare
Et il jouait comme ça :
Boum, baba boum baba boum
Sous le verb(e) batailleur
L’alexandrin railleur
Qu’enviaient les rimailleurs
Par cet homme de génie
J’ai appris je l’avoue
Peut-être un peu comme vous
Des mots puissants et doux
Tolérance anarchie
Il avait une guitare
Et il jouait comme ça :
(arpèges)
On célèbre à présent
L’artiste au pas pesant
Le poète mal pensant
Que j’ai si fort aimé
Les poètes ne meurent pas
Même s’ils chantent plus bas
Ils demeurent toujours là
Amis de nos destinées
Cet homme à la guitare
Écoutez-le ce soir…
DIEU EXISTE J’AI RENCONTRÉ SATAN !
(paroles Jean-Paul Sermonte musique de Claude Rogen)
J’ai cherché la lumière
Me suis perdue dans l’ombre
Dieu existe pourtant
J’ai rencontré Satan
Non pas dans un décor de vieux manoir
Et non pas sous les traits d’un vieil Hérode
En jeans serrés et blouson de cuir noir
Il sortait d’un night-club à la mode !
C’était une fidèle incarnation
D’un ange du ciel vu par Michel-Ange
Un ange qu’une obscure damnation
Avait conduit de l’Eden à la fange.
Il m’a choisi parmi quelques passants
Dans une fin de nuit qui se délabre
Il me souriait et sur sa «cinq-cent»
Il jouait à l’alezan qui se cabre.
Peut-on à son destin tourner le dos ?
Parfois il est des regards qui foudroient
Et dans ses yeux j’ai compris aussitôt :
C’était un chasseur, j’étais une proie.
J’ai cherché la lumière
Me suis perdue dans l’ombre
Dieu existe pourtant
J’ai rencontré Satan
Un signe je l’ai suivi pauvre de moi !
J’aurais dû tomber raide morte, raide
Il l’était en marchant derrière moi
Sous un autan de juillet sale et tiède
Ange ou démon mais quelle gueule, Mon Dieu !
C’était une frappe et dans ce bouge
Je découvris sans en croire mes yeux
Et ensuite sans en croire ma bouche…
Oui dans ce taudis sordide et lépreux
Je vis donc quand cet ange de délire
Se dévêtit, un fruit si fabuleux
Que sa vue seule vous embrase vous déchire !
Et si je suis tombée à ses genoux
Ce fut pour me saouler de sa prière
Boire l’orémus le plus fou le plus doux
La bénédiction la plus meurtrière
J’ai cherché la lumière
Me suis perdue dans l’ombre
Dieu existe pourtant
J’ai rencontré Satan
Moi je me suis enivré des parfums
De ces péchés que jamais l’on oublie
Et j’ai immolé sur son sceptre brun
La morale qui entravait ma folie
Fauve tueur ange exterminateur
Paillasse de corps de garde à son aise
C’était un génial génie corrupteur
Qui sur mon corps essayait ses prouesses.
Les nuits étaient des nuits de lupanar
Divines extases au goût de fange
Au matin commençait le cauchemar
De vivre avec un être aussi étrange
Diabolique aussi je vous le dis
Avec ses airs de douceur infinie
Il faisait payer cher son paradis
La beauté cachait la pire vilenie.
J’ai cherché la lumière
Me suis perdue dans l’ombre
Dieu existe pourtant
J’ai rencontré Satan
Il a fait le désert autour de moi
Puis le désert en plein cœur de mon âme
J’ai tout renié, l’amour et la foi
Pour le vertige d’un amour infâme.
Je n’étais plus un corps mais son fourreau
Son glaive sans cesse me clouait à lui
Pourtant je revenais vers mon bourreau
M’étourdir dans le goulag de sa nuit.
Dieu existe j’ai rencontré Satan
Voici que l’hydre cruel m’achève
Pour me sacrifier il choisi l’instant
Ou la vie va naître en moi de sa sève
Ah ! je le maudis et je le poursuis
Mon amour mon assassin mon complice
Je fuis le jour et je cherche sa nuit
Pour me perdre à nouveau dans mon supplice
Son enfer de vices incandescents
Je l’ai aimé et je me suis détruite
Mais qu’importe c’était en jouissant.
J’ai cherché la lumière
Me suis perdue dans l’ombre
Dieu existe peut-être
J’ai rencontré mon maître.
JE MEURS DE TOI
(paroles Jean-Paul Sermonte musique de Claude Rogen)
Je meurs de toi
De ton absence
De ton silence
De ma rancœur
De ton sourire
Qui me déchire
L’âme et le cœur.
Je meurs de toi
De cette attente
Et qui me hantent
Mes souvenirs
De tes mensonges
Et de ce songe
Qui va finir.
Je meurs de toi
De nos souffrances
De l’évidence
Des mots écrits
De nos ruptures
De nos tortures
Des faux mépris.
Je meurs de toi
De nos méprises
De nos traîtrises
Et des coups bas
Ton coup du charme
Mon goût des larmes
Et du combat.
Je meurs de toi
De ton absence
De ton silence
De ma rancœur
De ton sourire
Qui me déchire
L’âme et le cœur.
Je meurs de toi
De cette attente
Et qui me hantent
Mes souvenirs
De tes mensonges
Et de ce songe
Qui va finir.
Je meurs de toi
Et de cette autre
Qui vient,se vautre
Et qui attend
De la tendresse
Qu’elle t’adresse
À bout portant.
Je meurs de toi
De tes errances
De l’espérance
Qui n’en peut plus
De ta bohème
De mes poèmes
Que tu n’ lit plus.
Je meurs de toi
Mais où es-tu ?
Mais que fais-tu
Si loin de moi ?
Je meurs de toi
Je meurs mais toi
Meurs-tu de moi ?
PETITE LUNE
(paroles Jean-Paul Sermonte sur l’air de Au clair de la lune)
Je t’aim’petit’lune
Mon jardin discret
Que cache la dune
Du plus doux secret
Pour un’demi-lune
Tu es bien-aimée
Et de l’un à l’une
Tu t’laisse charmer
Ma frayeur est morte
J’accepte le jeu
J’ouvre enfin ma porte
Au tonnerre de Dieu
J’aim’ quand tu t’accroches
Au bout d’un rameau
Un pic une roche
La branche d’un ormeau
Je sais petit’lune
Ce que je te dois
Parfois la fortune
Est au bout des doigts
Veux-tu petit’lune
D’un tendre Pierrot
Qu’il trempe sa plume
Dans un fin ruisseau ?
Certains te courtisent
Tu souris de haut
Tu les hypnotises
Tous ces Roméo
Sa chandelle est belle
Du moins on l’prétend
Si t’es pas rebelle
T’auras du bon temps.
L’AMANT DÉMENT
(paroles et musique de Jean-Paul Sermonte)
En aimant un amant dément
Ell’ s’offrit, s’ouvrit et souffrit
Mâl’ vainqueur moqueur et sans cœur
L’abruti bien bâti la battit
Il la lassa
Elle le laissa.
Un amant dément quel tourment !
Blessé offensé délaissé
Souffrant déchirant expirant
Il plaida pleura minauda
Il s’amenda,
Elle céda !
Ell’ pardonna s’donna s’damna
Et la saga recommença.
Ainsi d’suite : de fuite en poursuite
lutte et dispute la brute en rut
La pourchassa
Elle le chassa.
Oh ! les maux mêm’ mènent aux mots
Cette femme de tempérament
Écrit à présent vaillamment
Des fresqu’s pédantesqu’s romanesqu’s
Sur les amants
Déments !
GUITARE
(paroles Jean-Paul Sermonte / musique de Thierry Meyer)
Il y a ceux qui refusent de se taire
Et que l’on enterre
Dans les ténèbres de l’oubli
Il y a ceux qui refusent de répondre
Et que l’on torture dans l’ombre
Des consciences et de la nuit
Il y a ceux qui refusent de se soumettre
Et que l’on juge comme des traîtres
Au banc de l’infamie.
A cet instant où ma guitare pleure
Combien sont-ils qui souffrent et meurent
Dans les geôles et goulags de tant de pays ?
Ces enfants pâles que blessent d’aveugles violences
Et ne reçoivent de nous que nos silences
Ce sont nos propres enfants que l’on oublie
Ce sont nos propres enfants que l’on trahit.
LES HOMMES A LA GUITARE
(Paroles et musique de JP Sermonte)
Dieu qu’elles étaient chantantes
Les belles années cinquante
Les poètes au micro
Récoltaient nos bravos
Princes du verbe audacieux
On se souviendra d’eux
Longtemps longtemps longtemps
Après le fou chantant
Bécaud Charles Aznavour
Chantaient leurs frêles amours
Et mettaient dans leurs rimes
Nos joies et nos déprimes
Séditieux Jean Ferra
Si fragile Barbara
Et Ferré le géant
L’ouragan l’océan.
Mais moi je vous l’avoue
Ceux que j’aimais surtout
C’était ces drôles d’artistes
Aux accents parfois tristes
Ces poètes sans fard
Solitaires sans fanfare
Ni criard ni vantard :
Les hommes à la guitare.
Lui venait d’un pays
De givre de poudrerie
De vent dans les érables
Murmurant contes et fables
Et sa guitare chantait
Jouait ce qu’il était
Ses joies ses doutes ses pleurs
Et son petit bonheur
C’est un petit bonheur
Que j’avais ramassé
Il était tout en pleurs
Sur le bord d’un fossé
Quand il m’a vu passer,
Il s’est mis à crier :
« Monsieur, ramassez-moi,
Chez vous amenez-moi… »
Lui Pégase l’a choisi
Chansons et poésies
Avaient un doux génie
Qui les réconcilie
Et sa guitare chantait
Jouait ce qu’il était
Dans ses insoumissions
L’ombre de François Villon
Au village, sans prétention,
J’ai mauvaise réputation ;
Qu’ je m’démène ou qu’ je reste coi,
Je pass’ pour un je-ne-sais-quoi.
Je ne fais pourtant de tort à personne,
En suivant mon ch’min de petit bonhomme ;
Mais les brav’s gens n’aiment pas que
L’on suive une autre route qu’eux…
Non, les brav’s gens n’aiment pas que
L’on suive une autre route qu’eux…
-
Lui dans sa poésie
Mêlait la fantaisie
Haine de la bourgeoisie
Ses pauvres amours transies
Et sa guitare chantait
Jouait ce qu’il était
Une force qui nous entraîne
Une révolte souveraine
C’est trop facile d’entrer aux églises
De déverser toute sa saleté
Face au curé qui dans la lumière grise
Ferme les yeux pour mieux nous pardonner
Tais-toi donc, grand Jacques
Que connais-tu du Bon Dieu
Un cantique, une image
Tu n’en connais rien de mieux
Visions et poésie
Futur et nostalgies
Silence des galaxies
Composent sa magie
Et sa guitare chantait
Jouait ce qu’il était
Prince des mots des chaos
L’eau vive de nos sanglots
Ma petite est comme l’eau
Elle est comme l’eau vive
Elle court comme un ruisseau
Que les enfants poursuivent
Courez courez vite si vous le pouvez
Jamais jamais vous ne la rattraperez.
Leclerc Brassens Brel Béart
Vous les hommes à la guitare
Bravos ! C’était du grand art !
Je voudrais coucher avec vous
(Paroles et musique de JP Sermonte)
Je voudrais coucher avec vous
Vous l’inconnu silencieux
Bien plus qu’avec un de mes doux
Prétendants si prétentieux
Je voudrais coucher avec vous
J’aime l’idée de vous aimer
Vous et moi
Je nous vois
Je vous veux
Je l’avoue
Quel émoi
Quel aveu
Je vous veux
C’est mon vœux
Le plus fou
Je vous veux
Je n’ m’en veux
Pas du tout
Dans mes draps
Dans vos bras
Enfin nus
Croyez-moi
Broyez-moi
J’aime qu’on m’tue
Vous debout
Moi à g’noux
J’n’sais plus
Je suis où
Par dessous
Par dessus
On se boit
On se noie
On s’étreint
Peu farouche
Sont ma bouche
Et mes reins
Je voudrais coucher avec vous
J’aime l’idée de vous aimer
Mais je dois bien vite me calmer
Tout à coup les remords m’assaillent
Vous êtes serveur dans ce restaurant
Ou avec mes amis mes parents
Nous célébrons… mes fiançailles
SI MA GUITARE …
(Paroles de JP Sermonte /musique Claude Rogen)
Si ma guitare pouvait dire « assez ! »
De tous ces politiciens bavards,
Au sourire hélas indélébile,
De tous ces politicards vantards,
Qui nous parlent comme à des débiles,
Si ma guitare pouvait dire « assez ! »
Des papes qui papotent sur les pauvres,
Saints Pères vous serez crédibles quand,
Vous deviendrez pauvres parmi les pauvres,
En offrant tout l’or du Vatican !
Si ma guitare pouvait dire « assez ! »
De ceux qui pleurent et font des chansons,
Sur la misère de ce vieux monde,
Et ignorent qu’à deux pas de leur maison,
Des gens vivent dans des taudis immondes
Si ma guitare pouvait dire « assez ! »
De ces Tartuffes qui crient au scandale
Quand parfois s’érotise la télé,
Mais se taisent et trouvent normales,
Des scènes d’horreur de meurtres effrénés,
Si ma guitare pouvait dire « assez ! »
De toutes ces sectes qui nous inondent
De prêchi-prêcha et qui nous flanquent
Une sainte trouille de la fin du monde
Tout en garnissant leur compte en banque
Si ma guitare pouvait dire « assez ! »
De ces salauds qui, de leur centrale
Nous crient : il n’y a aucun péril !
Qu’ils aillent eux-mêmes dans l’eau lustrale,
Se faire baptiser à Tchernobyl
Si ma guitare pouvait dire « assez ! »
De ces Ayatollahs de tous poils
Que la Sainte folie illumine
Qui trouvent plus obscène une femme sans voile
Qu’un enfant mort sur un champ de mines
Si ma guitare pouvait dire « assez ! »
De cet Occident qui ressemble tant
A une grosse maquerelle fatiguée
Et qui prêche la paix tout autant,
Qu’elle vend des armes pour la curée.
Si ma guitare pouvait dire « assez ! »
De ces gouvernements de fumistes
De ces présidents mégalomanes
Des escrocs déguisés en ministres
Des arrogants préfets pyromanes
Si ma guitare pouvait dire « assez … »
DJANGO
Paroles de JP Sermonte /musique Claude Rogen)
Swing Django Swing
Pour nos âmes
Qui s’abîment
Pour nos flammes
Qui s’animent
Pour nos joies
Qu’illuminent
Tes huit doigts
Fous de rythme
Swing Django Swing
Pour nos peines
Qui s’expriment
En rengaines
Si sublimes
Pour nos spleens
Et nos pleurs
Qui s’ débinent
De nos cœurs
Swing Django Swing
Pour nos êtres
Qui s’amarrent
Au mal-être
D’une guitare
Pour tes cordes
Où chuchotent
Une horde
De tes notes
Swing Django Swing
Pour nos vies
Qui s’alarment
Nos envies
Et nos larmes
Pour nos rimes
Qui t’admirent
Et s’arriment
A ton rire
Swing Django Swing
Pour les yeux
De l’espoir
Verts ou bleus
Ou bien noirs
Un sanglot
De mémoire
Swing Django
Les yeux noirs
L’HOMME DE MANILLE
Le corps débordant de sa chaise
Chenu adipeux et obèse
Il tremp’ de sueur son foulard
En regardant qui s’ déshabille
Un gosse un enfant de Manille
Qui se vend pour quelques dollars
Et l’homme ivre de sa puissance
Se caresse avec indécence
En s’ disant «Je suis vieux et laid
Mais je peux avec ma richesse
M’payer la beauté la jeunesse
Et tant mieux si elle me hait» !
Maudite soit donc la misère
Qui permet à l’âge nucléaire
Aux pourceaux de s’offrir des dieux
Maudite soit donc la misère
Qui vend encore au même Tibère
Des mômes de douze ans déjà vieux
Puis l’homme après son râle atroce
Devient triste. Il essuie le gosse
Soudain paternel il dit : «Tiens…»
Pour que sa conscience soit tranquille
Il offre à l’enfant de Manille
Son obole de bon chrétien
Demain adieu les repentances
Ses envies seront si intenses
Qu’il s’ paiera encore du bon temps
Avec les gamins de Manille
Avant de rejoindre sa famille
Veiller sur ses propres enfants.
DEPUIS SIX MILLE ANS LA GUERRE
(Paroles et musique de JP Sermonte)
« Depuis six mille ans la guerre
Plaît aux peuples querelleurs,
Et Dieu perd son temps à faire
Les étoiles et les fleurs. »(1) (bis)
La douceur des paysages
Le ciel de velours bleuté
Ne nous rendent pas plus sage
Ni la grâce ni la beauté. (bis)
Ne pouvons-nous donc mes frères
Laisser les armes se rouiller
Vivre vingt ans sans misère
Sans carnage et sans charnier ? (bis)
Stratégies, conflits, attaques
Au lieu du plaisir d’aimer
Vers des destinées opaques
Nous nous laissons entraîner (bis)
Cela pour des va-t-en-guerre
Des altesses des présidents
Qui, vous à peine sous terre,
Se feront des compliments ! (bis)
Nations entières effacées
Peuples parqués en troupeau
Ils n’ont pas les mêmes idées
Ils n’ont pas la même peau ! (bis)
Il est juif on le supprime
Qu’avons-nous fait des indiens ?
Lui il a commis le crime
D’être né Palestinien. (bis)
Pire sont les guerriers de l’ombre
Les fous au dessein odieux
Qui massacrent le plus grand nombre
Au nom de l’amour de Dieu ! (bis)
Un champignon qui explose
Ah quel beau panorama !
L’homme se croit Dieu et il ose
Décimer Hiroshima ! (bis)
Que les humais se rassemblent
Pour le plus grand des trépas,
Faites ce que bon vous semble
Moi c’est sûr, je n’irai pas ! (bis)
« Car l’aube est là sur la plaine
Oh ! j’admire, en vérité,
Qu’on puisse avoir de la haine
Quand l’alouette a chanté. » (1)
(1) Extrait de Victor Hugo.
NOUS SOMMES TOUS des P.
(Paroles et musique de JP Sermonte)
Elle veut faire de la scène
Un vieux producteur obscène
Sous les rampes la culbute
C’est pas moral, c’est pas drôle
Qu’importe elle aura le rôle
Ne riez donc pas des putes
A l’Assemblez on l’écoute
Il ira très loin sans doute
Lui qui juge, lui qui insulte
Quand il était jeune recrue
S’est vendu comme une grue
Ne riez donc pas des putes
Une pute, ça rebute
Mais gardez votre mépris
Êtes-vous sûr ?
D’rester pur
Si on y mettait le prix ?
Car nous sommes tous des putes !
Pour gravir les échelons
Tombent robes et pantalons
On se livre ainsi sans lutte
Dans des poses impudiques
A des directeurs lubriques
Ne riez donc pas des putes
Dans le passé ça s’est vu
Des pays se sont vendus
A d’autres pays en rut
Mieux vaut monnayer ses charmes
Plutôt que de prendre des armes
Ne riez donc pas des putes
Une pute, ça rebute
Mais gardez votre mépris
Êtes-vous sûr ?
D’rester pur
Si on y mettait le prix ?
Car nous sommes tous des putes !
Combien d’idoles adulées
Se sont trouvées acculées
Pour atteindre enfin leur but
A s’offrir comme des paillasses
A quelques Crésus coriaces
Ne riez donc pas des putes
On ne se prostitue pas
Que dans la rue des cents pas
Rue Blondel à la minute
Aussi lâche que malhonnête
Il y a le proxénète
Ne riez donc pas des putes
Une pute, ça rebute
Mais gardez votre mépris
Êtes-vous sûr ?
D’rester pur
Si on y mettait le prix ?
Car nous sommes tous des putes !
La gloire est bien haut placée
Et certain pour l’enlacer
Sans que cela les rebutes
L’atteignent non pas en grimpant
Mais ventre à terre en rampant
Ne riez donc pas des putes
Moi-même chanteuse austère
Je ferais mieux de me taire
Car le plus grand sac à putes
Des bordel que je connaisse
Porte le nom de show-business
Ne riez donc pas des putes
Une pute, ça rebute
Mais gardez votre mépris
Êtes-vous sûr ?
D’rester pur
Si on y mettait le prix ?
Car nous sommes tous des putes !